C’est l’annonce que les fans de Planet Coaster attendaient sans oser y croire. Ce jeudi 3 septembre 2026, Frontier Developments, le studio britannique derrière Planet Coaster, Planet Zoo et Jurassic World Evolution, a officialisé une collaboration avec Disney pour développer et éditer un nouveau jeu vidéo qui puisera dans « le portefeuille emblématique de licences de Disney ».
Le communiqué est court, mais chaque mot compte : le jeu sera entièrement financé par Frontier, et il s’appuiera sur « l’expérience approfondie et les capacités éprouvées » du studio dans le genre de la simulation de gestion créative, celui de Planet Coaster. Aucun titre, aucune date, aucune plateforme n’ont été communiqués à ce stade.
Autrement dit, Frontier ne dit pas encore qu’il s’agit d’un jeu de construction de parc Disney. Mais quand le studio de Planet Coaster signe avec le propriétaire de Disneyland, difficile de ne pas rêver un peu. On fait le point sur ce que l’on sait, sur les partenariats passés du studio et sur trente ans de jeux de gestion de parcs.

Ce que dit exactement Frontier
Dans son communiqué publié le 3 septembre, Frontier explique que ce nouveau jeu « s’appuiera sur l’expérience approfondie et les capacités éprouvées de l’entreprise en tant que leader du genre de la simulation de gestion créative (CMS), qui comprend les franchises Planet Coaster, Planet Zoo et Jurassic World Evolution, ainsi qu’un jeu Planet non annoncé actuellement en développement ».
Jo Cooke, directrice générale de Frontier Developments, déclare : « Nous sommes ravis d’annoncer cette collaboration avec Disney, qui renforce encore notre stratégie clairement définie consistant à développer et à faire vivre des franchises de simulation de gestion créative de classe mondiale. Notre mission avec ce jeu est de connecter une communauté de joueurs passionnés et créatifs avec l’une des marques les plus emblématiques et les plus aimées au monde, et j’ai hâte de voir ce que nos talentueuses équipes vont créer avec cette formidable opportunité. »
Trois informations concrètes se dégagent. D’abord, le jeu est financé à 100 % par Frontier, qui l’éditera lui-même : Disney apporte ses licences, pas son argent. Ensuite, il s’inscrit dans le genre « CMS », la simulation de gestion créative, la spécialité maison depuis RollerCoaster Tycoon 3. Enfin, le communiqué glisse au passage qu’un autre jeu « Planet » non annoncé est en développement, distinct du projet Disney.
Ce que l’on ne sait pas est tout aussi important : Frontier ne mentionne ni parc, ni Disneyland, ni personnage. « Le portefeuille de licences de Disney », c’est aussi bien Mickey que Star Wars, Marvel, Pixar ou Avatar. Un « Planet Disneyland » reste une hypothèse, séduisante mais non confirmée. La presse spécialisée, de GameSpot à WDW News Today, en fait pourtant déjà son scénario favori.
Frontier et Disney, ce n’est pas la première fois

Les deux entreprises se connaissent déjà. En 2011, Frontier a développé Kinect Disneyland Adventures pour Microsoft Studios sur Xbox 360 : une reconstitution en monde ouvert du Disneyland d’Anaheim tel qu’il était à l’époque, où l’on se promenait dans les lands, rencontrait les personnages et vivait les attractions sous forme de mini-jeux. Le jeu a eu droit à une version remasterisée en 2017 sur Xbox One et PC, cette fois jouable à la manette et signée Asobo Studio.
Quinze ans plus tard, ce précédent prend une autre saveur : Frontier a déjà modélisé un parc Disney complet. Le studio sait ce que représente Main Street, U.S.A., le château de la Belle au Bois Dormant ou la file d’attente de Space Mountain. Cette expérience, combinée à quinze ans de progrès dans la simulation de parcs, explique en partie l’enthousiasme de la communauté.
Tous les partenariats de Planet Coaster et de Frontier
Frontier a l’habitude de travailler avec de grandes licences, et Planet Coaster en particulier a multiplié les collaborations sous forme de DLC. Petit rappel chronologique.
Retour vers le Futur, K 2000 et Les Monstres (juillet 2017). Le premier pack sous licence de Planet Coaster arrive avec trois franchises Universal : la DeLorean, KITT la voiture parlante et la famille Munster débarquent dans les parcs des joueurs sous forme de décors et de véhicules.
Studios Pack (mars 2018). Un pack thématique inspiré des studios de cinéma hollywoodiens, avec ses décors de tournage et son dark ride, dans l’esprit d’un parc à la Walt Disney Studios ou Universal Studios.
Ghostbusters (juin 2019 sur PC, avril 2021 sur consoles). Le partenariat le plus ambitieux du premier Planet Coaster : une campagne scénarisée en cinq chapitres inspirée de SOS Fantômes, avec un dark ride interactif où les visiteurs chassent les fantômes au proton pack, l’Ecto-1 et la participation de Dan Aykroyd, qui reprend son rôle de Ray Stantz.
Planet Coaster 2 (depuis novembre 2024). Le second opus, sorti le 6 novembre 2024 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series, n’a pour l’instant reçu aucun pack sous licence : ses extensions (Thrill-Seekers, Sorcery, Toybox, Parades en juin 2026, Silver Screen en août 2026) sont toutes des thèmes originaux. L’annonce Disney relance forcément la question d’un contenu sous licence dans Planet Coaster 2, même si Frontier parle bien d’un nouveau jeu et non d’un DLC.

Au-delà de Planet Coaster, Frontier s’est construit une véritable réputation de studio « à licences » dans la gestion : Jurassic World Evolution (2018), sa suite (2021) et Jurassic World Evolution 3 (2025) avec Universal, la série F1 Manager (2022 à 2024) avec la Formule 1, ou encore Warhammer Age of Sigmar : Realms of Ruin (2023) avec Games Workshop. Sans oublier Thrillville et Thrillville : Off the Rails (2006 et 2007), édités par LucasArts, et Zoo Tycoon (2013) pour Microsoft. Disney rejoint donc une liste déjà longue, mais c’est sans doute la plus prestigieuse de toutes pour un studio spécialisé dans les parcs.
Trente ans de jeux de gestion de parcs d’attractions

Pour comprendre pourquoi cette annonce fait autant de bruit, il faut remonter le temps. Tout commence en 1994 avec Theme Park de Bullfrog, le studio de Peter Molyneux : on y construisait son parc, on y réglait le prix des frites et la quantité de sel pour faire acheter plus de boissons. Une génération entière de fans de parcs est née devant ce jeu.
En 1999, RollerCoaster Tycoon de Chris Sawyer change tout. Programmé presque seul en assembleur, le jeu ajoute ce qui manquait : la construction de vrais coasters, morceau de rail par morceau de rail, et le plaisir coupable de voir un train dérailler. RollerCoaster Tycoon 2 suit en 2002, avec des packs officiels Six Flags.
Puis en 2004, c’est justement Frontier qui prend le relais avec RollerCoaster Tycoon 3, édité par Atari : passage à la 3D, caméra embarquée dans les wagons, parcs aquatiques et zoos avec les extensions Soaked! et Wild!. Le studio enchaîne avec Thrillville sur consoles, puis, plutôt que de repartir sous la bannière Tycoon (une marque qui appartient à Atari), crée sa propre licence en 2016 : Planet Coaster, présenté comme le successeur spirituel de RCT3, et vendu à plus de 2,5 millions d’exemplaires dès janvier 2020.
Pendant ce temps, la licence RollerCoaster Tycoon s’enlise. Après un RollerCoaster Tycoon 4 Mobile en 2014, free-to-play bardé de micro-transactions et de temps d’attente, Atari lance RollerCoaster Tycoon World le 16 novembre 2016 : trois studios successifs pendant le développement (Pipeworks, Area 52 Games puis Nvizzio Creations), des graphismes jugés inférieurs à ceux de RCT3 sorti douze ans plus tôt, 43/100 sur Metacritic. Planet Coaster sort le lendemain, le 17 novembre, et la comparaison tourne au massacre.
Depuis, le genre a connu quelques concurrents (Parkitect, Park Beyond en 2023) sans que personne ne détrône Planet Coaster, dont le second opus, sorti fin 2024, a divisé les fans à son lancement avant de s’étoffer au fil des mises à jour. On vous en parlait dans notre bilan de Planet Coaster 2 et dans notre top des jeux de construction de parc.
Et Disney dans tout ça ? Le rêve jamais réalisé du « Disneyland Tycoon »

Paradoxalement, Disney, qui a inventé le parc à thème moderne, n’a jamais eu son grand jeu de gestion de parc. Les jeux Disney sur les parcs ont toujours été des jeux d’aventure ou de mini-jeux : Adventures in the Magic Kingdom sur NES en 1990, où l’on explorait le parc pour récupérer les clés du château, Walt Disney World Quest : Magical Racing Tour en 2000, un jeu de course dans les allées de Walt Disney World, puis Kinect Disneyland Adventures en 2011 par Frontier.
Le plus proche d’un « Disneyland Tycoon » reste Disney Magic Kingdoms, le jeu mobile de Gameloft sorti en 2016, dans lequel on construit un parc Disney et on y débloque des attractions et des personnages. Un jeu sympathique mais bridé par son modèle free-to-play, très loin de la liberté d’un Planet Coaster. Signe que l’envie est là depuis longtemps : la communauté Planet Coaster passe des milliers d’heures à reconstituer Disneyland Paris, le Magic Kingdom ou Tokyo DisneySea, décor par décor, faute de contenu officiel.
Petit clin d’œil de l’histoire : Thrillville, le jeu de parc de Frontier en 2006, était édité par LucasArts. Or LucasArts appartient à Disney depuis le rachat de Lucasfilm en 2012. D’une certaine façon, les deux maisons n’ont jamais été très loin l’une de l’autre.
En attendant, une question va agiter les forums pendant des mois : verra-t-on un jour construire son propre Disneyland, avec Big Thunder Mountain, Pirates of the Caribbean et la parade du soir, dans un moteur aussi complet que celui de Planet Coaster ? Frontier ne l’a pas promis. Mais pour la première fois, ce n’est plus totalement un rêve de fan.
Crédit photos : © Frontier Developments, Disney, Microsoft, Atari, LucasArts – Source : Frontier Developments, communiqué du 3 septembre 2026
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