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Canicule : les parcs d’attractions allemands perdent jusqu’à 20 % de visiteurs cet été, « tout ce qui dépasse 30 degrés est du poison »

Lord Park
26 Août 2026 3 min de lecture

L’été 2026 laissera un goût amer à une partie des parcs de loisirs allemands. Selon le VDFU, la fédération qui regroupe les parcs d’attractions et entreprises de loisirs outre-Rhin, les épisodes de forte chaleur ont fait fuir les visiteurs en pleine saison des vacances. Son directeur, Jürgen Gevers, parle dans les colonnes de Bild d’un « moins à deux chiffres », autour de 20 % dans de nombreux parcs.

« Tout ce qui dépasse 30 degrés est du poison pour notre activité », résume Fabrizio Sepe, propriétaire du Serengeti-Park de Hodenhagen, en Basse-Saxe. Le constat est d’autant plus douloureux que la chaleur augmente dans le même temps les factures d’eau et d’énergie des parcs, qui doivent arroser, climatiser et rafraîchir davantage.

L’alerte, lancée par Bild et reprise depuis par la chaîne publique régionale MDR et la presse spécialisée, ravive une vieille revendication de la profession : l’application d’un taux de TVA réduit sur les billets d’entrée, de 19 % à 7 %, comme en bénéficient déjà des fêtes foraines telles que le Hamburger Dom ou l’Oktoberfest de Munich.

Girafe et véhicule de safari au Serengeti-Park de Hodenhagen – © Serengeti-Park Hodenhagen
Le Serengeti-Park de Hodenhagen a perdu environ 20 % de visiteurs lors d’une journée à plus de 35 °C, selon son propriétaire Fabrizio Sepe – © Serengeti-Park Hodenhagen

Serengeti-Park, Geiselwind, Plohn : les parcs témoignent

Au Serengeti-Park, Fabrizio Sepe a constaté une chute d’environ 20 % de la fréquentation lors d’une journée où le thermomètre a dépassé 35 °C. Son parc mêle safari animalier et attractions, deux activités que les familles désertent quand il fait trop chaud pour marcher ou faire la queue.

En Bavière, Matthias Mölter, patron du Freizeit-Land Geiselwind, dit se retrouver « immédiatement sous pression de tous les côtés ». Il investit environ 10 millions d’euros par an dans son parc, dont plus de 4 millions pour sa nouvelle attraction Ravemoore, et rappelle que sa rentabilité a reculé de près de 40 % en 2025 sous l’effet de la hausse des coûts d’entretien, d’achat et de personnel.

En Saxe, Jan Völkel, directeur du Freizeitpark Plohn, estime que « la limite est atteinte » : impossible, selon lui, de continuer à répercuter les surcoûts sur les familles par des hausses de tarifs sans fin. Un discours partagé par de nombreux exploitants de taille moyenne, coincés entre des marges qui fondent et des visiteurs de plus en plus sensibles aux prix.

Le coaster couvert Black Hole du Freizeit-Land Geiselwind – © Freizeit-Land Geiselwind
Black Hole, le coaster couvert du Freizeit-Land Geiselwind – © Freizeit-Land Geiselwind

Au nord, les parcs au bord de la mer respirent

Le tableau n’est pas uniforme. Interrogés par la presse du Schleswig-Holstein, les parcs du nord de l’Allemagne affichent au contraire une bonne saison. Robert Dahl, patron des Karls Erlebnisdörfer (dont les sites de Warnsdorf près de Lübeck et de Rövershagen près de Rostock), parle d’une « saison très forte » sur ses huit implantations, avec des fréquentations en hausse qu’il attribue à la « créativité » et à l’engagement de ses équipes.

Hansa-Park, à Sierksdorf, évoque un bilan plus contrasté mais souligne un avantage climatique décisif : « Nous sommes le seul parc à thème d’Allemagne situé au bord de la mer », ce qui lui vaut quelques degrés de moins que l’intérieur du pays lors des pics de chaleur. Heide Park, à Soltau, figure également parmi les parcs du nord sollicités.

Le Holstentor et la tour Highlander de Hansa-Park à Sierksdorf – © Hansa-Park
Hansa-Park, à Sierksdorf sur la Baltique, « seul parc à thème allemand au bord de la mer » – © Hansa-Park

Un défi qui dépasse l’Allemagne

Le phénomène n’est pas propre à l’Allemagne : en France, en Belgique ou aux Pays-Bas, les parcs constatent eux aussi que les journées caniculaires vident les files d’attente, au profit des parcs aquatiques et des zones couvertes. Brumisateurs, zones ombragées, nocturnes prolongées et attractions indoor deviennent des arguments de vente à part entière. Pour les exploitants allemands, la question est désormais de savoir si l’automne, avec Halloween, permettra de rattraper une partie du retard accumulé cet été.

Crédit photos : © Freizeit-Land Geiselwind, © Serengeti-Park Hodenhagen, © Hansa-Park – Sources : Reise vor9 (d’après Bild), Looopings (d’après MDR), t-online

À propos de l'auteur :
Raphaël Couloud