Parcs d’attractions et pénuries d’essence : la viabilité en question pour ceux accessibles uniquement en voiture

Publié le : 23/03/2023
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La grève qui sévit actuellement dans les raffineries et les dépôts pétroliers en France provoque une pénurie d’essence alarmante, avec près de 15 % des stations-service en proie à des difficultés d’approvisionnement. Si cette crise perdure, les parcs d’attractions, principalement accessibles en voiture, pourraient voir leur fréquentation s’effondrer, menaçant ainsi leur viabilité même.

Évidemment, nous sommes pleinement conscients que la pénurie d’essence et les grèves engendrent des problèmes autrement plus urgents et préoccupants pour la population que la simple fréquentation des parcs d’attractions. Toutefois, en tant que média spécialisé dans ce domaine, nous allons parler et d’explorer les répercussions potentielles de cette situation sur l’univers des parcs d’attractions.

Contexte des grèves et pénuries d’essence

Grèves dans les raffineries en lien avec la réforme des retraites

Les grèves actuelles dans les raffineries et dépôts pétroliers en France sont en grande partie liées à la réforme des retraites proposée par le gouvernement. Les travailleurs du secteur pétrolier se mobilisent et expriment leur mécontentement face à cette réforme qui pourrait affecter leurs conditions de travail et leurs droits à la retraite. Cette situation conduit à une perturbation de la production et de la distribution de carburant dans le pays.

15 % des stations-service en difficulté d’approvisionnement

En raison des grèves, près de 15 % des stations-service françaises rencontrent des problèmes d’approvisionnement en carburant. C’est plus de 70 % dans certaines régions du sud-est. Cette situation entraîne des ruptures partielles ou totales de stocks dans certaines stations, obligeant les automobilistes à chercher du carburant ailleurs ou à faire face à des files d’attente plus longues que d’habitude (plus de 3 heures d’attente pour ma part). Les pénuries d’essence pourraient s’aggraver si les grèves se poursuivent.

Sud-est de la France particulièrement touché

Le sud-est de la France est la région la plus touchée par les pénuries d’essence et les difficultés d’approvisionnement des stations-service. Les départements comme l’Ariège, l’Aude, le Gard, les Bouches du Rhône et l’Hérault sont parmi les plus affectés, avec des pourcentages élevés de stations en difficulté. Cette situation pourrait avoir un impact significatif sur les parcs d’attractions situés dans cette région.

Les aéroports touchés par les pénuries

La situation de pénurie d’essence touche également l’approvisionnement en kérosène pour les aéroports, notamment ceux de Paris. Les réserves de carburant diminuent rapidement, et si la situation perdure, cela pourrait entraîner des perturbations majeures pour les vols au départ et à l’arrivée de ces aéroports.

Les parcs d’attractions face au défi des pénuries : entre baisse de fréquentation et impacts économiques

Des visiteurs qui ne se déplacent plus

La pénurie d’essence et les difficultés d’approvisionnement en carburant peuvent entraîner une baisse significative du nombre de visiteurs dans les parcs d’attractions, notamment ceux situés dans le sud-est de la France et accessible uniquement en voiture, tels que le Parc Spirou, Walibi Rhône-Alpes et OK Corral. Pour le moment ces parcs sont fermés et ne subissent donc pas ces problématiques. La plupart ouvrent début avril.

Lors de la précédente pénurie d’essence en 2022 les parcs d’attractions comme La Mer de Sable, Walygator Sud-Ouest ou Vulcania avaient vu leur fréquentation diminuer significativement en raison des problèmes d’approvisionnement en carburant.

Menace de chute des revenus : les parcs d’attractions face à la crise

Alors que de nombreux parcs d’attractions tentent d’établir un rendez-vous de début de printemps pour stimuler la fréquentation lors des réouvertures, il est difficile de réaliser des investissements dans un contexte incertain où les visiteurs pourraient être absents. En effet, face à la pénurie d’essence, les consommateurs privilégient l’utilisation du carburant pour des activités essentielles, laissant les divertissements en second plan.

Choc économique imminent en début avril pour le Sud-Est : les parcs d’attractions et l’économie locale en première ligne

La baisse de fréquentation des parcs d’attractions peut également avoir un impact négatif sur l’économie locale. Les parcs d’attractions génèrent des emplois dans les entreprises locales, comme les hôtels, les restaurants et les commerces.

Le SNELAC (Syndicat national des espaces de loisirs, d’attractions et culturels) qui comptabilise plus de 500 sites de loisirs, incluant parcs d’attractions, zoos, aquariums, monuments historiques et châteaux. Ces sites ont accueilli environ 63 millions de visiteurs français et internationaux en 2020, générant un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros et 50 000 emplois. En l’espace de 40 ans, la France s’est imposée comme la première destination européenne en matière de sites de loisirs, et est le pays européen comptant le plus grand nombre de parcs d’attractions.

Mesures pour atténuer l’impact des pénuries sur les parcs d’attractions et leurs visiteurs

Face à la pénurie d’essence et aux difficultés rencontrées par les automobilistes, les autorités ont pris certaines mesures pour tenter d’améliorer la situation. Il est vrai que, dans le contexte actuel, planifier un séjour dans un parc d’attractions peut sembler peu judicieux. Cependant, pour ceux qui ont réservé leurs vacances depuis longtemps, cette situation est particulièrement compliquée et frustrante.

Afin d’aider les automobilistes à gérer cette crise, les autorités ont mis en ligne une carte en temps réel qui permet de suivre la situation des stations-service et d’être informé sur les prix du carburant : https://www.prix-carburants.gouv.fr/

Vous avez aussi pénurie mon essence qui est mise à jour par les utilisateurs (souvent plus fiable) : https://penurie.mon-essence.fr/w/

De plus, dans certaines régions, les autorités ont décidé de limiter le volume de carburant par plein d’essence à 30 litres par véhicule léger. Cette mesure vise à répartir plus équitablement les stocks de carburant disponibles et à éviter que certaines stations-service ne soient totalement à sec. Toutefois, cette restriction peut également rendre les longs trajets vers les parcs d’attractions plus difficiles pour les automobilistes, qui devront s’arrêter plus souvent pour faire le plein.

L’incidence sur les parcs d’attractions dépendra inévitablement de la durée des pénuries d’essence. Toutefois, au-delà de ces épisodes ponctuels qui risquent de se répéter, la problématique des parcs uniquement accessibles en voiture dans un contexte environnemental préoccupant soulève des interrogations majeures auxquelles il faudra apporter des réponses. Des solutions de mobilité alternatives et durables à l’échelle régionale, telles que les bus ou les trains, devront être envisagées pour préserver l’avenir de ces parcs d’attractions.

À propos de l'auteur :
Raphaël Couloud