Phantasialand parle rarement de ses projets. Le parc allemand de Brühl, près de Cologne, vient pourtant de mettre en ligne sur son site officiel une page entière consacrée à son extension, sous le titre « Standortsicherung » (que l’on peut traduire par « sécurisation du site »). C’est la première fois que le parc décrit lui-même, noir sur blanc, ce qu’il compte construire sur les quelque 15 hectares situés à l’ouest du parc actuel.
Au programme, selon cette page : un « resort aquatique avec hôtel » (Aquapark-Hotelresort), des attractions, un théâtre, des parkings à étages et des espaces verts. Le terrain est inscrit comme zone d’extension dans le plan régional depuis 2013. Le parc promet de publier au fil de l’eau « chiffres, données et faits » sur le projet et de les actualiser régulièrement.
Attention toutefois : rien n’est autorisé à ce stade. La procédure d’urbanisme lancée en juillet par la ville de Brühl doit encore aboutir, et Phantasialand le rappelle lui-même : « l’issue de la procédure n’est pas fixée ».
Pourquoi Phantasialand veut s’agrandir
L’argumentaire du parc tient en une idée : pour rester compétitif, un parc d’attractions doit devenir une destination de court séjour, où l’on dort sur place une ou deux nuits. Phantasialand explique avoir besoin d’offres pensées pour des séjours plus longs afin d’augmenter le nombre de visiteurs qui passent la nuit dans ses hôtels. « Il n’y a pas de place pour cela aujourd’hui », écrit le parc, qui présente donc l’extension comme la garantie de l’avenir du site.
Le parc rappelle aussi son poids économique local : des millions de visiteurs par an et 1 800 salariés et apprentis. Phantasialand compte aujourd’hui trois hôtels (Ling Bao, Matamba et Charles Lindbergh) et un parc à thème réputé pour la densité de ses décors, conséquence directe d’un terrain de 28 hectares qu’il ne peut pas dépasser depuis des décennies.
Ce qui change par rapport aux annonces précédentes
Jusqu’ici, l’extension n’avait été évoquée que dans des interviews de la direction ou par la presse régionale, avec trois grandes composantes : un parc aquatique, de l’hébergement et une salle de spectacle et de concert. La page officielle ajoute explicitement des « attractions » (Fahrattraktionen, c’est-à-dire des manèges au sens large) à la liste, ainsi que des parkings à étages. Le parc ne dit pas encore quelle place ces nouvelles attractions occuperont, ni à quoi ressemblera l’espace aquatique. Aucun budget et aucune date d’ouverture ne sont communiqués.
Comme nous l’expliquions dans notre article du 10 juillet, la commission d’urbanisme de Brühl a voté le 9 juillet 2026 le lancement de la procédure d’étude du projet, après plus de vingt ans de blocage. Les opposants, regroupés autour de la défense de la réserve naturelle de l’Ententeich (un étang entouré de forêt et de zones humides, situé sur le terrain convoité), ont annoncé dans la foulée un référendum d’initiative citoyenne.
Sept familles d’études, payées par le parc
La partie la plus concrète de la page concerne les expertises à venir. Phantasialand publie des extraits des cahiers des charges confiés à des experts indépendants, dans sept domaines : protection de la nature, protection des espèces, bruit, climat local (avec une modélisation 3D des températures et des flux d’air frais lors d’une journée d’été sans vent), trafic routier (comptages, modèle de circulation et microsimulation des carrefours), sols et pollution (le terrain est une ancienne zone d’extraction) et enfin gestion de l’eau.
Ce dernier volet est le plus sensible : l’étude doit évaluer le rôle de l’Ententeich dans le système hydraulique local, sa fonction de stockage, d’évaporation et d’échange avec la nappe, et, c’est écrit tel quel, « les conséquences en cas de suppression du plan d’eau ». Un point que les défenseurs de la réserve ne manqueront pas de relever. La ville de Brühl pilote la procédure et vérifie que les études respectent le cadre légal ; Phantasialand en paie l’intégralité, sans coût pour le budget municipal.
Et maintenant ?
Les prochaines étapes sont connues : réalisation des études, information régulière du public, qui pourra donner son avis sur les plans, puis vote du conseil municipal de Brühl sur le plan d’aménagement (Bebauungsplan). Phantasialand affirme vouloir mener « une discussion transparente et un dialogue constructif ». Le référendum citoyen annoncé par les opposants reste l’inconnue du calendrier. Nous suivrons les mises à jour de la page officielle, que le parc s’engage à enrichir au fil de la procédure.
Crédit photos : © Phantasialand – Source : page officielle « Standortsicherung » de Phantasialand ; repérée par Looopings.
À propos de l'auteur :
Phantasialand est un endroit merveilleux, qui permet une évasion dans un lieu hors du temps. Il est un rare concentré (c’est le cas de le dire) de thématisation poussé à l’extrême, de coasters de classe mondiale et d’attractions en tout genres, d’hôtes magnifiques et haut de gamme. Ainsi que d’une offre de restauration de haut niveau à des tarifs accessibles.
MAIS, cet univers à atteint ses limites! Plus de place disponible pour proposer des nouveautés, qui sont pourtant vitales, face aux géants européens tels Disneyland Paris, Europa Park ou Universal pour ne citer qu’eux..
Bien sûr, cette possible extension ne doit pas se faire au détriment de la nature et le projet doit respecter ce point primordial. Mais faisons confiance au professionnalisme de Phantasialand, qui prend le sujet très au sérieux. Son avenir en dépend.