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« On attend la signature » : le parc Dragon Ball près de Paris se joue ce soir à l’Élysée, Pécresse confirme un projet « de l’ampleur de Disney »

Lord Park
24 Août 2026 8 min de lecture 10

Cette fois, ce n’est plus une fuite dans la presse : c’est la présidente de la région Île-de-France qui le dit, en direct, sur TF1. Invitée de « Bonjour ! La Matinale TF1 » face à Alba Ventura ce lundi 24 août 2026, Valérie Pécresse a confirmé que la Région travaille « depuis dix-huit mois » sur le projet de parc Dragon Ball à Courdimanche (Val-d’Oise), sur l’ancien site de Mirapolis. Et elle a lâché la phrase que tout le monde attendait : « On attend la signature. »

Le calendrier n’a rien d’un hasard. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane est à Paris depuis dimanche pour une visite officielle de deux jours, et une cérémonie de signature d’accords économiques est programmée à l’Élysée ce lundi en fin d’après-midi. Le parc Dragon Ball, porté par le fonds saoudien Qiddiya Investment Company, figure parmi les dossiers sur la table. TF1 y a consacré un sujet au JT de 20h dimanche soir, puis un reportage au JT de 13h ce midi : les deux vidéos sont dans cet article.

Pour tout le contexte (l’enquête Politico, le propriétaire du terrain, les obstacles environnementaux, le précédent Mirapolis), on vous renvoie à notre dossier du 1er août. Ici, on se concentre sur ce qui a changé ce week-end. Et ça change beaucoup.

Concept art de la Kame House de Tortue Géniale sur sa plage, dans le parc Dragon Ball de Qiddiya – © Qiddiya Investment Company / Bird Studio / Shueisha / Toei Animation
La Kame House de Tortue Géniale, dans le concept du parc Dragon Ball dévoilé pour Qiddiya City (Arabie saoudite). Aucun visuel du projet francilien n’a encore été publié – © Qiddiya Investment Company / Toei Animation

« Un projet de l’ampleur de Disney » : ce qu’a dit Valérie Pécresse sur TF1

Interrogée sur le projet, la présidente de la Région n’a pas cherché à minimiser : « La région travaille depuis dix-huit mois sur ce projet. C’est un projet qui est effectivement de l’ampleur de Disney, et qui pourrait vraiment conforter l’attractivité touristique de l’Île-de-France. On attend la signature. » Dix-huit mois, cela nous ramène au début de l’année 2025, soit quelques mois avant le sommet Choose France de mai 2025 où Qiddiya avait signé un protocole d’accord pour « un projet majeur lié au tourisme et au divertissement en France ». Les pièces du puzzle s’emboîtent.

Sur le calendrier, Valérie Pécresse a été précise, tout en restant prudente : « Il y a une réunion très importante à l’Élysée aujourd’hui qui signera peut-être cet accord. À ce stade, rien n’est signé. » Et sur le fond, un argument économique assumé : « La France est le premier pays touristique au monde, et nous avons besoin de ces emplois, nous avons besoin de ces investissements. » Aucun montant n’a été avancé par l’élue ; le chiffre d’un milliard d’euros circule depuis les révélations de Politico fin juillet, sans confirmation officielle.

Le reportage du JT de 13h de TF1 : la France choisie face à l’Angleterre et l’Espagne

Ce lundi midi, le JT de 13h de TF1 a consacré un sujet de près de deux minutes au projet, avec un passage par la rédaction de Parcs & Loisirs Magazine. Le reportage apporte un élément nouveau et plutôt flatteur : selon TF1, la France a été retenue alors qu’elle était en concurrence avec l’Angleterre et l’Espagne pour accueillir ce parc. Autrement dit, Qiddiya cherchait un site européen, et c’est le Val-d’Oise qui l’a emporté. La chaîne confirme aussi que la signature est « prévue dans l’après-midi de ce lundi ».

Vidéo : « Bientôt un nouveau parc d’attractions géant près de Paris », JT de 13h de TF1 du 24 août 2026 (reportage M. Guénégan, M. Benkaab, O. Cresta). Si le lecteur ne s’affiche pas, la vidéo est disponible sur TF1 Info.

La veille, le JT de 20h du week-end avait déjà ouvert le bal en révélant que la France et l’Arabie saoudite échangeaient « depuis un an, en toute discrétion » pour réhabiliter la friche de Mirapolis en parc « XXL » à un milliard d’euros. Ce sujet est visible en tête de l’article de TF1 Info consacré à l’interview de Valérie Pécresse.

Concept art de la zone Capsule Corporation du parc Dragon Ball de Qiddiya – © Qiddiya Investment Company / Bird Studio / Shueisha / Toei Animation
La zone Capsule Corporation, l’une des sept zones thématiques du concept saoudien – © Qiddiya Investment Company / Toei Animation

Une signature attendue ce lundi soir à l’Élysée

Selon Le Parisien, qui a détaillé vendredi le programme de la visite, Mohammed ben Salmane est arrivé dimanche à Paris pour son premier déplacement à l’étranger depuis plusieurs mois. Il a assisté à la cérémonie de clôture de l’Esports World Cup, délocalisée à Paris cet été, avant une journée de lundi consacrée aux entretiens avec Emmanuel Macron et à une cérémonie de signature en fin d’après-midi. L’Élysée promet « beaucoup, beaucoup d’accords économiques » dans les transports, l’énergie ou la santé, tout en précisant que « les choses sont encore en discussion pour certains projets ». Le parc Dragon Ball, lui, n’est pas commenté par la présidence « tant qu’il n’est pas confirmé ».

Ce que l’on attend concrètement ce soir, ce n’est pas un permis de construire mais un accord de principe, très probablement un protocole ou une lettre d’intention entre l’État, la Région et Qiddiya. Ce serait déjà énorme : cela transformerait une rumeur en projet officiel, avec un nom, un porteur et un site. Pour le reste (études, foncier, enquête publique, calendrier de chantier), le vrai marathon commencera après.

Ce que l’on sait (et ce que l’on ne sait pas) du projet

Le site : les quelque 45 à 55 hectares de l’ancien Mirapolis, à Courdimanche, le long de l’A15 et à moins d’un kilomètre du terminus du RER A à Cergy-le-Haut. Le porteur : Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien PIF, qui a ouvert Six Flags Qiddiya City près de Riyad le 31 décembre 2025 et qui construit là-bas le premier parc Dragon Ball du monde. Le montant : plus d’un milliard d’euros selon Politico, non confirmé. L’ambition : « de l’ampleur de Disney », dixit Valérie Pécresse.

Ce que l’on ne sait pas encore, et c’est tout ce qui compte pour nous : le contenu du parc. Le concept saoudien annoncé en mars 2024 avec Toei Animation prévoit plus de 500 000 m², sept zones thématiques (Kame House, Capsule Corporation, la planète de Beerus…), plus de trente attractions dont cinq grands rides, et un Shenron de 70 mètres abritant un coaster. La version française serait, selon Politico, une déclinaison « à échelle réduite ». Aucun visuel, aucune liste d’attractions, aucune date d’ouverture n’ont été publiés pour Courdimanche. Les images de cet article sont celles du projet saoudien.

Concept art du Shenron de 70 mètres abritant un coaster, pièce maîtresse du parc Dragon Ball de Qiddiya – © Qiddiya Investment Company / Bird Studio / Shueisha / Toei Animation
Le Shenron de 70 mètres et son coaster intérieur, emblème du concept saoudien. Le verra-t-on un jour depuis l’A15 ? – © Qiddiya Investment Company / Toei Animation

Des oppositions déjà bien audibles dans le Val-d’Oise

L’enthousiasme régional n’est pas partagé par tout le monde. Le député LFI de la circonscription, Aurélien Taché, a interpellé le gouvernement sur le projet et demandé au préfet de région une « vraie concertation avec les élus, les associations et les habitants », en pointant la saturation des infrastructures de transport et la présence d’espèces protégées et de milliers d’arbres sur le site. Il était sur le plateau de M6 à 12h45 ce lundi pour le redire. À Courdimanche, l’élue d’opposition Maryeme Bouslam regrette l’absence totale de consultation préalable. Et le groupe communiste au conseil régional, sans fermer la porte aux emplois, réclame des garanties environnementales.

Il y a aussi une réalité humaine : environ 400 personnes de la communauté des gens du voyage occupent une partie du site depuis 2017, sans qu’aucun plan de relogement n’ait jamais été présenté. Ajoutez les 25 recommandations formulées par l’autorité environnementale en 2024 pour un simple projet de cottages sur le même terrain (zones humides, sols pollués, espèces protégées), et vous avez une idée du parcours d’obstacles qui attend Qiddiya, signature ou pas.

Mirapolis, l’ironie de l’histoire

Impossible de ne pas sourire en repensant à l’histoire du lieu. Mirapolis, ouvert en 1987 autour des contes et de la littérature française avec son Gargantua géant, avait fermé au bout de quatre saisons… et son principal investisseur était déjà saoudien. Trente-cinq ans plus tard, des capitaux saoudiens reviennent sur le site exact de l’un des plus grands échecs de l’histoire des parcs français, cette fois avec une licence mondiale et un État qui pousse au sommet. L’INA a ressorti ses archives ce week-end.

Et maintenant ?

Notre avis n’a pas changé depuis le 1er août : le projet n’est pas fantasque, mais entre une signature à l’Élysée et un premier tour de manège, il y a en France une bonne décennie de procédures, et EuropaCity est mort avec 3 milliards sur la table. Ce qui change aujourd’hui, c’est que la Région assume publiquement le dossier, que TF1 en fait un sujet de JT et que l’officialisation est attendue à quelques heures. Le projet est passé du stade de la rumeur à celui de l’annonce politique.

Les prochains signaux à surveiller : le texte exact de ce qui sera signé ce soir (protocole d’intention ou engagement ferme ?), le nom de la société qui portera le projet en France, le sort de l’écovillage en cours d’instruction sur le terrain, et une éventuelle communication de Qiddiya ou de Toei Animation, restés silencieux jusqu’ici. On met à jour cet article dès que la signature est confirmée.

Vue d'ensemble nocturne du parc Dragon Ball de Qiddiya en concept art – © Qiddiya Investment Company / Bird Studio / Shueisha / Toei Animation
Vue d’ensemble nocturne du concept de parc Dragon Ball de Qiddiya City – © Qiddiya Investment Company / Toei Animation

Crédit photos : © Qiddiya Investment Company / Bird Studio / Shueisha / Toei Animation – Source : communiqué officiel de Toei Animation. Sources : TF1 Info, Le Parisien, Le Figaro avec AFP, Politico.

À propos de l'auteur :
Raphaël Couloud