Un mois après la signature du protocole d’accord à l’Élysée, le projet de trois parcs à thème sur l’ancien site de Mirapolis, à Courdimanche (Val-d’Oise), change d’échelle. Selon un post publié le 25 septembre 2026 par Parcs & Loisirs Magazine, le préfet du Val-d’Oise a présenté devant les élus et les habitants de Courdimanche une « destination intégrée », autrement dit un quartier complet aux portes de Cergy-Pontoise.
Les parcs en resteraient le moteur économique, au milieu d’un ensemble urbain avec hôtellerie, services, commerces, équipements culturels et sportifs, et logements. Le préfet aurait évoqué des logements pour les étudiants, les jeunes actifs et les familles, avec un enjeu de prix abordables, ainsi que des écoles et des crèches.
Prudence toutefois : nous n’avons retrouvé aucun compte rendu officiel de cette réunion, ni à la Ville, ni à la préfecture, ni dans la presse régionale. Ces éléments reposent donc sur le seul post de Parcs & Loisirs Magazine. La Ville de Courdimanche, elle, maintient que ni le périmètre ni le contenu détaillé du projet ne lui ont été partagés.
Des parcs, mais pas seulement
L’information la plus concrète concerne l’emprise. D’après Parcs & Loisirs Magazine, le préfet a précisé que le ou les parcs ne devraient pas occuper la majorité de la surface totale du projet. L’objectif serait de prolonger l’urbanisation existante de Cergy et de Courdimanche, plutôt que de poser un complexe touristique isolé au milieu des champs. Pour mémoire, la friche de Mirapolis couvre environ 55 hectares, et TF1 avait évoqué le 24 août une emprise pouvant dépasser 200 hectares.
Ce n’est pas une surprise totale : dès le 24 août, l’Élysée parlait d’hôtels, de restaurants et de « milliers » de logements. La nouveauté, si elle se confirme, c’est la place donnée aux écoles, aux crèches et au logement abordable, c’est-à-dire à de la ville ordinaire.
Ce que la commune en dit
Dans son communiqué du 27 août, la Ville de Courdimanche « prend acte » de la décision de l’État, y voit « de réelles perspectives de développement et d’emplois » mais aussi des questions environnementales, et regrette de ne pas avoir été associée à la préparation du projet. Elle demande une concertation « sans délai » et des « solutions d’accueil durables » pour les familles installées de longue date sur le site. Un collectif d’habitants, « Mirapolis aux habitants », a lancé une pétition pour demander la suspension du projet.
Sur le contenu des parcs, rien de neuf. Toei Animation a rappelé le 31 août qu’aucune licence Dragon Ball n’avait été accordée pour la France, comme nous l’expliquions dans notre décryptage, et les thèmes des deux autres parcs restent inconnus. Les obstacles recensés dans notre enquête du 1er août (foncier privé, zones humides, espèces protégées, sols pollués) restent entiers.
Et maintenant ?
Concrètement, rien n’est arrêté. Un quartier de cette taille suppose une révision des règles d’urbanisme de Courdimanche et de l’agglomération de Cergy-Pontoise, une étude d’impact, une enquête publique et, en amont, la concertation promise aux habitants. Aucune date n’a été communiquée pour ces étapes, pas plus qu’un calendrier de chantier ou d’ouverture. Le site reste une friche privée, en partie habitée, et ne se visite pas.
Le point à surveiller pour vous : la première réunion de concertation officielle, ou le premier document de la préfecture ou de la Ville décrivant le périmètre. C’est là que l’on saura combien d’hectares iront aux parcs, et combien au reste du quartier. La Ville de Courdimanche s’est engagée à tenir ses habitants informés.
Crédit photos : © Ville de Courdimanche, © Qiddiya Investment Company / Bird Studio / Shueisha / Toei Animation – Sources : Parcs & Loisirs Magazine (25 septembre 2026), communiqué de la Ville de Courdimanche.
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